La rentrée de septembre 2026 est derrière nous et c’est souvent le moment où l’on affine son planning où l’on revoit son organisation… et où l’on remet à jour sa grille tarifaire. Si parler du tarif de vos prestations est généralement naturel, aborder les frais de déplacement ressemble souvent à un casse-tête teinté d’une petite pointe de gêne.
Entre la peur de “braquer” des propriétaires fidèles et l’impression d’exiger « trop » pour quelques kilomètres de route, beaucoup de professionnels de la filière équine finissent par sous-estimer leurs trajets. Pourtant, calculer sereinement ses frais de route n’a rien d’un acte punitif : c’est la condition essentielle pour préserver son entreprise, sa santé et la qualité des soins que l’on apporte aux chevaux.
Préparez-vous une tasse de thé ou un bon café : nous allons décortiquer ensemble, pas à pas et avec le sourire, la méthode pour fixer des prix de déplacement justes, rentables et faciles à assumer pour la rentrée ! Et avec la crise sur le prix de l’essence, croyez-moi il va être plus que nécessaire de revoir tout ça.
1. Pourquoi revoir et ajuster ses tarifs de déplacement pour la rentrée 2026 ?
On a souvent tendance à considérer le déplacement comme une simple formalité administrative au bas d’une facture. En réalité, le contexte économique de cette année 2026 nous le rappelle quotidiennement : voyager d’écurie en écurie représente un véritable poste de coût.
Le piège du tarif « historique »
Avez-vous toujours en tête ce tarif fixe de 5 € par client, instauré lors de votre installation il y a 5 ans ? Si c’est le cas, vous n’êtes pas seul. Le problème du tarif historique est qu’il ne tient compte ni de la réalité de l’inflation de ces dernières années / semaines (carburant, pièces auto, révisions), ni de l’éloignement réel des structures. En gardant le même prix d’année en année, vous absorbez silencieusement la hausse des coûts sur votre propre rémunération.
Le « temps de pare-brise » : un travail à part entière
Faisons un petit calcul mental : si vous passez seulement 1h30 par jour au volant de votre véhicule, cela représente près de 7 h 30 par semaine, soit l’équivalent d’une journée entière de travail !
Pendant ces heures de route, vous ne pouvez ni réaliser de soin, ni enseigner, ni parer un pied. Ce temps passé à conduire — avec l’attention et la fatigue que cela génère — a une valeur. Les frais de déplacement ne servent donc pas uniquement à rembourser de l’essence : il rémunère la disponibilité de vos compétences là où se trouve le cheval.
2. La méthode pas-à-pas pour calculer son coût de revient kilométrique réel
Pas besoin d’être un expert en comptabilité pour trouver un chiffre juste, à la fois pour la santé de votre entreprise et pour votre clientèle. Pour déterminer ce que vous coûte réellement chaque kilomètre parcouru, deux grands choix s’offrent à vous : s’appuyer sur le barème officiel de l’État ou calculer vos coûts « au réel ».
Option A : Le barème kilométrique de l’État (la solution clé en main)
Si vous ne souhaitez pas éplucher toutes vos factures une par une, le barème kilométrique publié chaque année par l’administration fiscale constitue une excellente base de départ.
Ce barème officiel intègre déjà de manière forfaitaire :
- La dépréciation du véhicule (amortissement).
- L’achat des pneumatiques, l’entretien et les réparations.
- La consommation de carburant ou d’électricité.
- L’assurance.
Il prend en compte la puissance fiscale de votre véhicule (ses « chevaux fiscaux » ou CV) et le nombre total de kilomètres parcourus dans l’année. C’est un repère très pratique pour fixer un tarif cohérent sans vous prendre la tête, et c’est aussi la référence légale si vous déduisez vos indemnités kilométriques aux impôts.
Option B : Le calcul « au réel » (la méthode sur-mesure)
Vous préférez calculer vos frais au réel ? Sortez la calculatrice, nous allons faire le bilan ensemble en deux petites étapes simples.
Étape 1 : Calculer le coût direct du véhicule
Faites la somme de vos dépenses automobiles sur les 12 derniers mois :
- Carburant / Recharge électrique : le total de vos pleins ou recharges.
- Assurance professionnelle : la prime annuelle
- Entretien et réparations : révisions, système de freinage, essuie-glaces, ainsi que les pneus
- Amortissement ou loyer du véhicule :
- Vous êtes en LOA, LLD ou crédit auto ? Comptez le montant total de vos mensualités sur l’année (Mensualité × 12).
- Vous avez acheté le véhicule comptant ? Prenez son prix d’achat et divisez-le par sa durée de vie estimée (en général, on compte un amortissement sur 5 ans, soit Prix d’achat ÷ 5).
Une fois le total annuel obtenu, divisez-le par le nombre de kilomètres professionnels réalisés dans l’année.
Exemple concret :
Si l’ensemble de ces postes vous coûte 5 000 € par an et que vous effectuez 30 000 km professionnels, votre coût direct matériel est de 0,17 € par kilomètre
Étape 2 : Valoriser votre temps de trajet
On entend souvent dire que « le temps, c’est de l’argent », mais cette maxime n’a jamais été aussi vraie que pour les professionnels itinérants du monde équin. Votre métier repose sur votre savoir-faire… et (beaucoup) sur votre temps. Or, vous le savez mieux que personne : la route en grignote une grande partie au quotidien.
Valoriser votre temps de trajet, c’est la clé pour augmenter votre rentabilité et pérenniser votre entreprise, mais c’est aussi un formidable moyen de préserver votre énergie. Et souvent, poser des chiffres noirs sur blanc aide à prendre des décisions bien plus éclairées.
Voyons ensemble comment le calculer très simplement :
- Déterminez votre taux horaire : combien vaut une heure de votre travail sur le terrain ? (Exemple : 40 €)
- Estimez votre vitesse moyenne en tournée : entre les départementales et les chemins d’écuries, comptez généralement 60 km/h. (Ce qui équivaut à : 1 heure = 60 km)
- Faites le calcul :
Coût du temps au km = taux horaire cible / nombre de km fait en 1h
D’après notre exemple, pour une personne avec un taux horaire de 40 € qui roule en moyenne à 60 km/h, le calcul donne : 40€ / 60km = 0,67€
Si vous souhaitez intégrer de la rémunération dans votre temps de trajet , ajoutez 0,67 centimes à votre prix au kilomètre.
3. Quelle stratégie de facturation choisir pour vos clients ?
Avoir calculé ton coût kilométrique au centime près, c’est une super première étape. Maintenant, savoir comment l’appliquer sur le terrain de manière juste pour tes clients — et sans y passer tes soirées —, c’est encore mieux !
Sur le plan administratif et fiscal, il existe une petite subtilité : la règle de déduction des frais se base sur un trajet « en étoile » (un aller-retour théorique supposé entre ton domicile et chaque client). Dans VITEquidé (comme dans toute application de gestion), les kilomètres sont donc calculés selon cette logique. Mais dans la vraie vie d’un professionnel itinérant, tu ne rentres évidemment pas chez toi entre deux écuries !
Un tarif juste et équilibrée
Comme ce calcul théorique cumule plusieurs allers-retours, appliquer ton tarif kilométrique fort peut vite faire grimper la note. L’astuce ? Attribuer un petit pourcentage de réduction à ton barème pour que le prix reste parfaitement digeste pour tes clients, tout en couvrant 100 % de tes coûts réels de journée.
Exemple :
Tu as calculé tes frais réels (véhicule + valeur de ton temps) à 0,87 € / km. Comme tes tournées sont optimisées et que tu enchaînes les écuries d’un même secteur, tu fais le choix d’appliquer -20 % sur ton tarif dans tes réglages. Ton prix passe à 0,70 € / km : tes clients bénéficient d’un tarif raisonnable et l’ensemble de tes dépenses de route reste intégralement remboursé !
Prix au kilomètre ou forfait fixe : choisis ta formule !
Une fois que tu connais ton coût de revient, VITEquidé te laisse une totale liberté pour paramétrer tes factures selon tes habitudes :
- La facturation au prix du kilomètre : parfaite pour une précision au centime près sur chaque intervention.
- La facturation au forfait fixe (par zone) : idéale pour créer des zones géographiques claires et prévisibles (ex. : zone 0-15 km, zone 15-30 km).
- Le mix des deux : tu peux adapter ta formule selon la nature de tes prestations et les besoins de ta clientèle.
💡 Le réflexe VITEquidé :
N’oublie pas que lorsque tu vois plusieurs propriétaires dans une même structure, il te suffit d’indiquer le nombre de personnes présentes sur l’application. VITEquidé divise automatiquement la note de déplacement pour rendre la tournée encore plus accessible pour tes clients !
4. Cadre légal, fiscalité 2026 et communication client
Facturer ses déplacements demande aussi d’être au carré avec l’administration fiscalo-sociale. Rassurez-vous, les règles restent simples dès qu’on les connaît.
Fiscalité et TVA : ce qu’il faut garder en tête pour 2026
- Si vous êtes en franchise en base de TVA (Micro-entreprise / Auto-entrepreneur) :
Vous facturez vos prestations et vos frais de déplacement en net (sans TVA, avec la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI »). Attention : vos recharges de carburant ou factures de garage contiennent de la TVA que vous ne pouvez pas récupérer. Votre tarif kilométrique doit donc intégrer ce coût toutes taxes comprises (TTC). - Si vous êtes assujetti à la TVA (EI, SASU, EURL) :
Les frais de déplacement accessoires à une prestation principale suivent généralement le taux de TVA de la prestation ou le taux normal de 20 %. Pensez à vérifier l’imputation exacte avec votre comptable selon la nature de votre acte.
Comment annoncer ses nouveaux tarifs à la rentrée sans braquer personne ?
Annoncer un changement tarifaire inquiète souvent. La clé réside dans la transparence et l’anticipation. Prévenez vos clients le plus tôt possible : quelques semaines ou mois à l’avance. L’idée est de ne pas les prendre au dépourvu et qu’il puisse anticiper cette hausse à leur budget.
Expliquez pourquoi vous avez besoin de revoir vos prix , prenez le temps de mettre en place des outils ou des choses pour eux, pour leur chevaux etc.
La formule bienveillante à adopter :
« Bonjour à tous ! Pour continuer à vous offrir des interventions de qualité et prendre soin de vos compagnons dans les meilleures conditions, je réajuste mes frais de déplacement à compter du 1er septembre 2026. Afin de limiter ces frais, je vous invite vivement à regrouper vos rendez-vous au sein d’une même écurie : les frais de route seront ainsi divisés entre vous ! »
Conclusion : Facturer le juste prix, c’est aussi prendre soin de son entreprise (et de soi !)
Ajuster ses tarifs de déplacement pour la rentrée 2026 n’a rien d’un caprice ni d’une punition envers vos clients. Face aux réalités économiques et à la hausse du coût de la vie au quotidien, c’est simplement un acte de gestion sain et indispensable pour pérenniser votre activité itinérante.
En prenant le temps de poser vos chiffres, vous transformez ce qui était autrefois une source de stress ou de gêne en un système clair, équitable et transparent pour tout le monde :
- Vous valorisez enfin votre « temps de pare-brise » et couvrez l’usure réelle de votre véhicule.
- Vous tirez parti des outils comme VITEquidé pour automatiser vos calculs, répartir la note lors des tournées et proposer des tarifs digestes à vos clients sans y passer vos soirées.
- Vous communiquez en toute transparence, en montrant à votre clientèle que le regroupement de rendez-vous dans une même écurie est la solution gagnant-gagnant par excellence.
Payer le juste prix de vos kilomètres, ce n’est pas « trop demander » à un propriétaire : c’est lui garantir que vous serez toujours là demain, en forme, disponible et bien équipé pour prendre soin de ses compagnons.

